Il existe, à quelques minutes de Gordes, deux villages que la plupart des voyageurs traversent sans s’arrêter, le regard déjà tourné vers les sites célèbres du Luberon. C’est une erreur que nous aimons réparer. Joucas et Murs n’ont ni les cars de tourisme ni les terrasses bondées de leurs voisins, mais ils ont quelque chose de plus rare : le calme, la lumière, et cette sensation d’être enfin entré dans le Luberon des habitants. Depuis Le Clos de Manon, à dix minutes à pied de Gordes, ce sont les escapades que nous réservons à nos voyageurs en quête de tranquillité.

L’un, Joucas, s’accroche à un éperon entre Gordes et Roussillon, tout en escaliers fleuris et sculptures discrètes. L’autre, Murs, se cache plus haut, à cinq cents mètres d’altitude, au cœur des forêts des Monts de Vaucluse, où l’air reste frais quand la plaine étouffe. Voici comment nous vous conseillons de découvrir ces deux villages secrets, et pourquoi ils sont devenus, au fil des saisons, les chouchous de nos hôtes les plus fidèles.

Sortir des sentiers battus autour de Gordes

Gordes est magnifique, et personne ne le contestera. Mais en juillet et en août, le village perché vit au rythme des flux touristiques : parkings saturés en milieu de matinée, ruelles compactes, tables prises d’assaut. C’est précisément là que Joucas et Murs prennent toute leur valeur. À quelques tours de roue, on bascule dans un autre tempo, celui d’un Luberon plus intime, où l’on entend encore le chant des cigales sans le brouhaha des foules.

Ces deux villages forment un duo idéal pour une demi-journée d’évasion. Joucas se rejoint en une dizaine de minutes depuis Gordes, par la D2 puis la D102 en direction de Roussillon. Murs demande un quart d’heure de plus, par la D15 qui grimpe doucement dans la forêt. On peut les visiter séparément, ou les enchaîner dans la même boucle, avec un déjeuner à Joucas et une marche à l’ombre autour de Murs.

Pour situer ces villages dans l’ensemble de la région, nous renvoyons toujours nos voyageurs à notre guide des plus beaux villages perchés du Luberon (2026), qui cartographie les incontournables et les pépites confidentielles. Joucas et Murs y figurent comme deux alternatives parfaites pour ceux qui veulent fuir la foule sans s’éloigner de Gordes.

Joucas, le village aux escaliers fleuris

Joucas est un village qui se mérite, mais qui récompense vite. Garée à l’entrée, la voiture oubliée, on s’engage dans un dédale de calades de pierre et d’escaliers fleuris qui montent en pente douce vers le sommet. Au fil de l’ascension, les murs de pierre dorée se couvrent de glycines, de rosiers grimpants et de pots débordant de géraniums. C’est l’un des villages les plus soignés du secteur, entretenu avec une fierté visible par ses quelque trois cent cinquante habitants.

Première mention en 1071 sous le nom de Jocadae, Joucas a appartenu aux chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui y établirent une commanderie à la charnière des XIIᵉ et XIIIᵉ siècles. Cette histoire hospitalière se devine encore dans la sobriété des pierres et l’implantation défensive du vieux village. Tout en haut, près de l’ancien château et de la table d’orientation, le panorama s’ouvre largement sur :

Ce qui rend Joucas si attachant, c’est l’absence totale de mise en scène. On y croise des chats endormis sur les seuils, des volets bleus entrouverts, des chemins en lacets qui semblent ne mener nulle part et débouchent soudain sur un point de vue. C’est exactement le genre de village que l’on retrouve, avec Murs, parmi les escapades qui complètent à merveille la découverte de Roussillon et de ses sentiers des ocres, à seulement quelques minutes de là.

Art contemporain et belles tables à Joucas

Joucas réserve une surprise que peu de visiteurs attendent : l’art contemporain y dialogue avec la pierre ancienne. Au détour des ruelles, des sculptures en bronze, en acier ou en pierre se nichent dans les recoins, posées là comme par hasard. Ce parcours artistique à ciel ouvert, lié à la présence de galeries et d’ateliers dans le village, transforme la simple promenade en une chasse au trésor visuelle. On lève les yeux, on contourne un angle, et une œuvre apparaît, encadrée par les murs dorés.

Le village est aussi réputé pour ses belles tables, bien au-delà de sa taille modeste. Joucas abrite des restaurants gastronomiques de grande réputation, dont certains affichent des distinctions, ainsi que des bistrots de village où l’on déjeune d’une cuisine provençale franche et ensoleillée. C’est l’une des raisons pour lesquelles nos voyageurs reviennent : on vient pour le calme, on reste pour l’assiette.

Voici, à titre indicatif, ce que l’on peut attendre d’une halte gourmande à Joucas selon le moment et l’envie :

Type d’adresse Ambiance Budget indicatif (déjeuner)
Bistrot de village Terrasse simple, plat du jour 20 – 30 € / pers.
Table provençale soignée Cadre raffiné, produits du terroir 40 – 65 € / pers.
Restaurant gastronomique Cuisine d’auteur, menu dégustation 90 – 160 € / pers.

Nous conseillons de réserver à l’avance, surtout d’avril à septembre et le week-end, car les meilleures tables du village affichent vite complet. Pour un déjeuner mémorable au calme, loin de la cohue de Gordes, Joucas est un secret que nous partageons volontiers avec nos hôtes.

Murs, au cœur des forêts des Monts de Vaucluse

Changement complet de décor avec Murs. On quitte la lumière vive des villages perchés pour s’enfoncer dans la forêt. Perché à environ cinq cents mètres d’altitude, au cœur des Monts de Vaucluse, Murs est un village forestier, enveloppé de chênes verts, de pins et de buis. L’air y est sensiblement plus frais qu’en plaine, ce qui en fait un refuge précieux lors des grandes chaleurs de l’été.

Le village s’organise autour de son château des XVᵉ et XVIᵉ siècles, sobre et imposant, et de son église romane. Ici, pas de boutiques de souvenirs ni de terrasses alignées : Murs vit à son rythme, celui d’un village de moyenne montagne provençale où l’on cultive encore la lavande et où la forêt domine le paysage. La place ombragée, le café du coin, la fontaine : tout invite à ralentir.

Murs occupe une position géographique remarquable, à la lisière entre le Luberon et le plateau de Sault, sur la route qui mène vers les grands champs de lavande. C’est aussi un excellent point d’appui pour rayonner vers le nord du parc, en passant par des paysages que nous décrivons dans notre dossier consacré à l’abbaye de Sénanque et ses champs de lavande, accessible en une vingtaine de minutes par les routes des crêtes.

Le mur de la Peste et l’histoire locale

Murs garde la trace d’un épisode historique méconnu et saisissant : le mur de la Peste. En 1720, lorsque la grande peste de Marseille menace tout le Comtat Venaissin, les autorités pontificales font ériger un long mur de pierre sèche pour tenter d’établir un cordon sanitaire et bloquer la contagion. Ce mur courait sur des kilomètres à travers les Monts de Vaucluse, gardé jour et nuit par des soldats postés dans des guérites.

Aujourd’hui, des vestiges de ce mur de la Peste subsistent dans la garrigue autour de Murs et se découvrent au fil de sentiers balisés. Marcher le long de ces pierres millénaires, sous les chênes, en imaginant les sentinelles de 1720, donne une profondeur particulière à la promenade. C’est un patrimoine discret, peu mis en avant, que les amateurs d’histoire et de nature apprécient tout particulièrement.

Le territoire fait partie intégrante du Parc naturel régional, classé Réserve de biosphère et Géoparc mondial UNESCO. Pour préparer une marche ou comprendre la richesse écologique des lieux, nous renvoyons volontiers nos voyageurs au site officiel du Parc naturel régional du Luberon, qui recense itinéraires, points d’accueil et conseils saisonniers. Les curieux trouveront aussi un historique complet sur la page consacrée à Joucas, riche en repères chronologiques.

Randonnées et fraîcheur en été

Si Joucas se prête à la flânerie, Murs est un véritable camp de base pour la randonnée. Les forêts des Monts de Vaucluse offrent un réseau de sentiers ombragés qui font toute la différence l’été, quand la chaleur du Luberon grimpe facilement au-dessus de 32 °C en plaine. Sous le couvert des chênes, on marche au frais, à l’écoute des oiseaux et du froissement du vent dans les feuilles.

Parmi les itinéraires que nous recommandons à nos hôtes au départ de Murs ou de ses environs :

Pour ces marches, prévoyez toujours de l’eau en quantité, un chapeau, de bonnes chaussures et un départ matinal. Les amateurs de grand air trouveront d’autres idées d’itinéraires dans notre sélection de randonnées dans le Luberon, qui détaille les niveaux, les durées et les plus beaux points de vue de la région.

Voici un repère des températures moyennes pour choisir le bon moment de la journée et de l’année autour de Murs :

Période Température moyenne (plaine) Conseil randonnée
Avril – mai 16 – 22 °C Idéal toute la journée
Juin 22 – 28 °C Matin ou fin de journée
Juillet – août 28 – 34 °C Départ avant 9 h, forêt obligatoire
Septembre – octobre 18 – 26 °C Excellent, lumière dorée

Pourquoi ces villages séduisent les habitués

Au fil des saisons, nous avons remarqué que nos voyageurs les plus fidèles, ceux qui reviennent au Clos de Manon année après année, finissent par préférer Joucas et Murs aux sites les plus courus. La raison est simple : ces villages offrent l’essence de la Provence sans son revers touristique. On y trouve le silence, l’authenticité des places de village, le bonheur de croiser plus d’habitants que de visiteurs.

Joucas séduit par son raffinement discret, ses escaliers fleuris et ses tables. Murs touche par sa fraîcheur forestière, son histoire singulière et sa nature généreuse. Ensemble, ils composent un Luberon plus vrai, où l’on prend le temps. C’est exactement l’expérience que nous cherchons à offrir : un point d’ancrage paisible, d’où l’on rayonne vers des lieux que les guides résument trop souvent en une ligne.

Beaucoup de nos hôtes nous confient qu’une matinée à Joucas, suivie d’un déjeuner au calme et d’une marche à l’ombre du côté de Murs, reste l’un de leurs souvenirs les plus forts du séjour, bien avant les sites célèbres. C’est ce supplément d’âme que ces villages confidentiels savent offrir.

Combiner avec Gordes, Sénanque et Roussillon

L’un des grands atouts de Joucas et Murs, c’est leur position centrale. Depuis Le Clos de Manon, on peut construire de superbes boucles d’une journée en les associant aux incontournables des environs, sans jamais passer plus de vingt minutes sur la route. Voici un récapitulatif des distances depuis Gordes pour organiser vos escapades :

Destination Distance depuis Gordes Temps de route
Joucas 7 km ≈ 10 min
Murs 9 km ≈ 15 min
Roussillon 10 km ≈ 15 min
Abbaye de Sénanque 4 km ≈ 8 min

Notre itinéraire favori : commencer tôt par les escaliers fleuris de Joucas, déjeuner sur place, puis bifurquer vers Roussillon pour les ocres en début d’après-midi, avant de finir par la fraîcheur de Murs et une courte marche en forêt. Une autre option, plus contemplative, consiste à enchaîner Sénanque le matin pour la lavande, puis Murs et son mur de la Peste l’après-midi. Quelle que soit la combinaison, ces villages s’imbriquent naturellement.

Faire de Joucas et Murs une escapade depuis Le Clos de Manon

Voilà tout ce que nous aimons offrir à nos hôtes : un point de départ central et calme, à dix minutes à pied de Gordes, d’où l’on accède en quelques minutes à ces deux villages secrets comme aux grands sites du Luberon. Le matin, on part à la fraîche ; le soir, on retrouve la piscine chauffée privée et le chant des cigales dans le jardin, avec le souvenir d’une journée loin des foules.

Pour explorer pleinement cette mosaïque de villages perchés et de forêts, nous recommandons un séjour de cinq à sept nuits, le temps d’alterner découvertes et journées de repos. Si l’envie d’un Luberon confidentiel vous gagne, vous pouvez dès maintenant consulter nos disponibilités au Clos de Manon et préparer votre échappée provençale en toute sérénité.