Il y a, dans le Luberon, des villages que tout le monde connaît et d'autres que l'on se transmet à voix basse, entre habitués. Goult appartient à cette seconde catégorie. À une vingtaine de minutes de route du Clos de Manon, posé sur une colline entre Gordes et l'autre versant de la vallée du Calavon, il offre tout ce que l'on aime du Luberon — la pierre dorée, les ruelles en pente, les panoramas — sans les cars de touristes ni l'affluence des hauts lieux. Quand nos voyageurs nous demandent où aller pour respirer, c'est souvent vers Goult que nous les envoyons.
Goult, le village que l'on garde pour soi
Goult a longtemps été oublié des circuits, et c'est précisément ce qui fait son charme aujourd'hui. Le village se gravit en douceur depuis sa place ombragée jusqu'au sommet, le long de ruelles bordées de maisons en pierre calcaire blonde qui s'enflamment au soleil de fin de journée. On y croise plus de chats endormis que de visiteurs pressés, et l'on prend le temps de lever les yeux sur les linteaux sculptés, les passages voûtés et les petites places où coule encore une fontaine.
- Une authenticité préservée : Goult n'a pas le label « Plus Beaux Villages de France », et tant mieux pour ceux qui cherchent la tranquillité ; le village vit à son propre rythme, même en plein été.
- Une position centrale : à mi-chemin entre les Monts de Vaucluse au nord et le massif du Luberon au sud, il fait un point de départ idéal pour rayonner sans jamais rouler longtemps.
- Un patrimoine discret mais riche : château des Agoult-Simiane remanié au fil des siècles, église romane Saint-Sébastien, ruelles médiévales et restanques sur les flancs de la colline.
Si vous aimez ce genre de pépites, sachez que Goult n'est pas seul : nous avons réuni nos coups de cœur dans notre guide des plus beaux villages perchés du Luberon, où le village figure naturellement parmi les plus attachants.
Le moulin de Jérusalem, sentinelle de la colline
Au point le plus haut du village se dresse le moulin de Jérusalem, un moulin à vent du XVIIᵉ siècle que les habitants ont patiemment restauré. Longtemps en ruine, il a retrouvé sa toiture, ses ailes et son mécanisme, et se visite désormais lors d'ouvertures organisées par l'association locale. Son nom intrigue : il viendrait du lieu-dit qui couronne la colline, et l'on aime y voir un clin d'œil aux meuniers d'autrefois.
Mais même portes closes, la montée vaut le détour. De l'esplanade qui entoure le moulin, le regard embrasse toute la vallée du Calavon, les ocres de Roussillon au loin, et par temps clair la silhouette du mont Ventoux. C'est, sans conteste, l'un des plus beaux belvédères du secteur, et l'un des plus paisibles. Nous conseillons d'y grimper en fin d'après-midi, quand la pierre et la plaine prennent leurs teintes de miel.
Le conservatoire des terrasses de culture
L'autre trésor de Goult, c'est son conservatoire des terrasses de culture, un sentier d'interprétation aménagé sur les flancs de la colline, autour du moulin. La balade est courte et accessible à tous : comptez une petite heure de boucle, sans difficulté, idéale même avec des enfants.
Le long du parcours, on découvre les restanques — ces terrasses soutenues par des murs en pierre sèche — qui ont permis aux paysans de cultiver les pentes pendant des siècles. Vignes, oliviers, amandiers, cabanons et apiers (niches à abeilles creusées dans les murs) racontent une agriculture patiente et ingénieuse, parfaitement adaptée au relief et au climat provençal. C'est une promenade que nous aimons recommander pour comprendre, en marchant, comment ce paysage a été façonné par la main de l'homme.
- Un sentier libre et gratuit, balisé et ponctué de panneaux explicatifs, que l'on parcourt à son rythme depuis le centre du village.
- De belles vues sur la vallée à chaque détour, et de l'ombre bienvenue sous les chênes en plein été.
- Une initiation vivante à la pierre sèche, savoir-faire inscrit au patrimoine immatériel de l'UNESCO, omniprésent dans tout le Luberon.
Les bonnes tables et l'art de flâner
Goult a beau être discret, on y mange remarquablement bien. La place du village et ses abords abritent quelques tables réputées, des bistrots de terroir aux adresses plus gastronomiques, où la cuisine provençale se réinvente avec les produits du marché et des maraîchers voisins. C'est l'un de ces villages où l'on vient parfois exprès pour déjeuner, à l'ombre d'un platane, avant de monter digérer du côté du moulin.
Le reste se savoure sans programme : une halte chez l'épicier, un café sur la placette, un détour par une galerie ou un atelier d'artisan. Goult invite à ralentir, et c'est sans doute là sa plus belle leçon. Pour les amateurs de gastronomie et de marchés, le village s'inscrit dans une vallée généreuse, entre vignes du Ventoux et truffes du Comtat.
Prolonger la promenade autour de Goult
La beauté de Goult, c'est qu'il ne se visite jamais seul. Quelques minutes de route suffisent pour enchaîner avec d'autres pépites de la vallée. Vers le sud, on file jusqu'à Lourmarin, le village d'Albert Camus, gourmand et littéraire, qui garde la porte sud du Luberon. Vers l'ouest, on rejoint L'Isle-sur-la-Sorgue, Venise comtadine et brocantes, paradis des chineurs traversé de canaux. Et en remontant la rivière, on atteint Fontaine-de-Vaucluse et la source de la Sorgue, l'une des plus puissantes exsurgences d'Europe, au pied d'une falaise vertigineuse.
Faire de Goult une étape depuis le Clos de Manon
Depuis le Clos de Manon, à dix minutes à pied de Gordes, Goult n'est qu'à une vingtaine de minutes de route : juste assez pour s'offrir une matinée au moulin et sur le sentier des terrasses, un déjeuner sur la place, puis un retour à la villa pour nager dans la piscine chauffée aux heures chaudes. C'est exactement le genre d'échappée que permet notre position centrale dans le Luberon. Pour composer un séjour à ce rythme, sans courir, le mieux est de prévoir cinq à sept nuits et de vérifier nos disponibilités selon vos dates. Goult, alors, ne sera plus un secret pour vous non plus.