Il existe en Provence une poignée de lieux où la lavande devient un horizon entier, et non plus un simple décor. Sault est de ceux-là. Perché à près de 800 mètres d’altitude, au pied du versant sud du Mont Ventoux, ce gros bourg du Vaucluse domine un plateau ondulé que les rangées de lavande et de lavandin transforment, chaque été, en une mer mauve. C’est l’un des paysages les plus emblématiques de la région, et pourtant l’un des plus méconnus de nos voyageurs, qui pensent souvent à Valensole avant de penser à Sault.
Depuis Le Clos de Manon, à dix minutes à pied de Gordes, nous y emmenons régulièrement nos hôtes — surtout ceux qui arrivent fin juillet ou en août et craignent d’avoir « raté » la lavande. Car Sault a un atout décisif : c’est le plateau le plus tardif de Provence. Quand les champs du Luberon ou de Valensole sont déjà coupés, ceux de Sault sont encore au sommet de leur floraison. Voici comment, et quand, nous vous conseillons de le découvrir.
Sault, balcon sur le Ventoux et la lavande
Sault occupe une position rare en Provence : un éperon rocheux qui domine de haut le plateau d’Albion et la vallée de la Nesque, face au géant de Provence. De la terrasse panoramique du village, le regard embrasse d’un côté les rangées de lavande qui filent vers l’horizon, et de l’autre la masse calcaire du Mont Ventoux, dont le sommet pelé blanchit au soleil. Cette double présence — la fleur et la montagne — fait toute la singularité de l’endroit.
Le village lui-même mérite qu’on y flâne. Ses ruelles médiévales, son église romane Saint-Sauveur, ses remparts et ses placettes ombragées conservent l’atmosphère d’un bourg de montagne provençal, plus rude et plus authentique que les villages chic du Luberon. On y trouve encore des commerces de bouche, des nougatiers et un marché du mercredi matin qui n’a rien d’une mise en scène touristique. Pour mieux situer Sault dans l’histoire et la géographie du Vaucluse, la fiche encyclopédique de Sault détaille son altitude, son climat de moyenne montagne et sa longue tradition lavandicole.
C’est aussi un excellent camp de base pour explorer les Gorges de la Nesque, l’un des plus beaux canyons de Provence, qui serpentent en contrebas sur près de vingt kilomètres. La route en corniche qui les surplombe est un itinéraire spectaculaire, à faire au retour d’une matinée dans les lavandes.
Pourquoi la lavande y fleurit plus tard (mi-juillet à mi-août)
La question revient sans cesse chez nos voyageurs : « Sera-t-il trop tard pour la lavande ? » À Sault, la réponse est presque toujours rassurante. Tout est une affaire d’altitude. Le plateau culmine autour de 800 mètres, soit bien plus haut que Valensole (environ 600 m) ou que les plaines du Luberon. Or, plus on monte, plus la floraison est décalée : la lavande de Sault démarre quand celle des plaines commence déjà à faner.
Concrètement, voici la fenêtre que nous donnons à nos hôtes :
- Début juillet : les premières rangées prennent leur couleur, la floraison monte en puissance ;
- Mi-juillet à mi-août : la pleine floraison, le meilleur moment pour Sault, avec des champs encore intacts là où ailleurs on a déjà récolté ;
- Fin août : la récolte bat son plein, certains champs sont coupés mais le parfum de la distillation embaume le plateau.
Cette saisonnalité fait de Sault le refuge des retardataires et des voyageurs d’août. Pour comprendre comment la lavande s’inscrit dans le rythme général de la région, nous renvoyons toujours à notre guide pilier, « Quand venir en Provence ? Le guide des saisons », qui détaille mois par mois ce que l’on peut voir et vivre. Et pour bâtir un véritable itinéraire fleuri, notre article sur les routes de la lavande relie les principaux plateaux entre eux.
Petite précision botanique utile sur le terrain : ce que l’on voit le plus souvent à Sault, ce n’est pas seulement la lavande fine (la vraie lavande de montagne, plus rare et plus précieuse) mais aussi le lavandin, un hybride plus vigoureux, aux épis plus grands et au bleu plus soutenu. Sault défend justement sa lavande fine de montagne, à laquelle elle consacre sa grande fête estivale.
Les plus beaux points de vue sur les champs
À Sault, la lavande ne se cherche pas : elle est partout. Mais quelques points de vue valent qu’on s’y arrête vraiment, appareil photo en main ou simplement pour s’imprégner du paysage.
- La terrasse panoramique du village, en bordure des remparts : la vue plongeante sur le damier de lavande, avec le Ventoux derrière, est la carte postale absolue de Sault ;
- La route de Saint-Trinit et de Saint-Christol, sur le plateau d’Albion : de longues rangées rectilignes, parfaites au lever du soleil ;
- La descente vers Aurel, petit village voisin perché, qui offre un autre angle sur la mosaïque mauve et dorée des champs ;
- Les abords des distilleries, où les champs cultivés viennent souvent jusqu’au bord de la route.
Notre conseil d’initiés : venez au lever du jour, entre 6 h 30 et 9 h. La lumière est rasante, dorée, les abeilles ne sont pas encore au travail et le plateau est presque désert. En fin de journée, la lumière est tout aussi belle mais les couleurs virent davantage au violet sombre. Évitez le plein midi, où le soleil écrase les contrastes et où la chaleur, en altitude comme ailleurs, devient pesante.
La fête de la lavande du 15 août
Si vous le pouvez, calez votre venue sur la Fête de la lavande de Sault, qui se tient traditionnellement le 15 août. C’est l’un des plus authentiques rendez-vous lavandicoles de Provence, bien différent des animations purement touristiques que l’on trouve ailleurs. La journée célèbre la lavande fine de montagne et le savoir-faire des producteurs locaux.
Au programme, selon les éditions :
- un concours de coupe de lavande à la faucille, geste ancestral spectaculaire ;
- des démonstrations de distillation à l’ancienne, à la vapeur ;
- un grand marché de producteurs (huiles essentielles, miel de lavande, nougat, savons) ;
- défilés en costumes provençaux, musiques et repas champêtre dans une ambiance de village en fête.
C’est une journée très prisée : si vous séjournez chez nous à cette période, mieux vaut partir tôt et prévoir le stationnement à l’avance. Pour les amateurs de patrimoine vivant, c’est aussi l’occasion de comprendre que la lavande n’est pas qu’un décor : c’est une véritable filière agricole, soutenue notamment par le Parc naturel régional du Luberon et les acteurs du Ventoux qui œuvrent à préserver ces paysages cultivés.
Distilleries et nougat de Sault
La lavande de Sault ne se contemple pas seulement, elle se sent et se goûte. Le plateau vit de la lavande depuis des générations, et la distillation en est le cœur. De la mi-juillet à la fin août, au moment de la récolte, plusieurs distilleries des environs ouvrent leurs portes aux visiteurs. On y découvre l’alambic, la vapeur qui traverse les épis, l’essence qui se sépare de l’eau florale — un spectacle simple et fascinant, et un parfum inoubliable.
Voici ce que nous suggérons d’en rapporter :
- l’huile essentielle de lavande fine, la plus précieuse, à distinguer du lavandin moins coûteux ;
- l’eau florale (hydrolat) de lavande, douce et apaisante ;
- le miel de lavande du plateau, délicat et clair ;
- le nougat de Sault, spécialité historique du village.
Le nougat de Sault mérite un mot. Fabriqué depuis le XIXᵉ siècle à partir du miel de lavande local et des amandes de Provence, il est tendre, parfumé, et constitue le souvenir gourmand par excellence. Les nougateries du village se visitent et offrent volontiers une dégustation. C’est, avec un flacon d’huile essentielle, ce que nos voyageurs rapportent le plus souvent dans leurs valises.
Sault, Valensole, Gordes : où voir la lavande et quand
La grande question de tout séjour estival en Provence : où aller pour ne pas manquer la lavande ? Tout dépend de votre date. Pour vous aider à décider d’un coup d’œil, voici un tableau récapitulatif des principaux plateaux que nous recommandons à nos hôtes du Clos de Manon.
| Site | Altitude | Pleine floraison | Distance depuis Gordes | Atout principal |
|---|---|---|---|---|
| Sault | ~800 m | Mi-juillet à mi-août | ~50 km / 1 h | Le plus tardif, peu de foule, Ventoux en fond |
| Valensole | ~600 m | Fin juin à mi-juillet | ~85 km / 1 h 30 | Champs immenses, le plus spectaculaire |
| Abbaye de Sénanque | ~380 m | Fin juin à mi-juillet | ~6 km / 12 min | La carte postale, juste à côté de Gordes |
| Plateau de Claparèdes (Luberon) | ~700 m | Début à mi-juillet | ~30 km / 45 min | Champs vallonnés, ambiance intimiste |
En résumé : si vous venez fin juin ou début juillet, privilégiez l’abbaye de Sénanque, toute proche, et le plateau de Valensole. Si vous arrivez fin juillet ou en août, mettez le cap sur Sault, qui sera très probablement le seul à offrir des champs encore en pleine fleur. Beaucoup de nos voyageurs combinent d’ailleurs Sénanque en début de séjour et Sault en fin de séjour pour étirer au maximum la saison de la lavande.
Conseils photo et respect des cultures
Les champs de Sault sont irrésistibles pour la photo, mais ce sont avant tout des cultures agricoles privées, dont vivent des familles de producteurs. Quelques règles simples permettent d’en profiter sans nuire :
- Ne pénétrez pas dans les rangées sans autorisation : marcher entre les plants les abîme et tasse la terre ;
- Photographiez depuis les bords et les chemins, où la perspective des rangées est de toute façon la plus belle ;
- Attention aux abeilles : en pleine floraison, les champs en bourdonnent ; restez calme et gardez vos distances ;
- Ne cueillez pas les épis : un brin coupé est un brin de moins pour la distillation et la récolte ;
- Garez-vous correctement, sans bloquer les accès agricoles ni les engins.
Côté technique, la lumière du lever du jour et du soir sublime les violets ; un ciel légèrement nuageux donne de superbes ambiances. Pensez à inclure un point de fuite — une rangée, un cabanon de pierre, un cyprès, le Ventoux — pour donner de la profondeur à l’image. Et surtout, prenez le temps de poser l’appareil : le parfum et le bourdonnement font partie du souvenir autant que la photo.
Venir à Sault depuis Gordes
Depuis Le Clos de Manon, comptez environ 50 kilomètres et une heure de route pour rejoindre Sault. L’itinéraire le plus agréable longe les Monts de Vaucluse en passant par Saint-Saturnin-lès-Apt et Villes-sur-Auzon, à travers un paysage de garrigue, de champs et de villages perchés. C’est une route de campagne, sinueuse par endroits, mais sans difficulté.
Nos recommandations pratiques pour une journée réussie :
- Partez tôt (avant 8 h en juillet-août) : meilleure lumière, fraîcheur, et stationnement plus facile ;
- Emportez de l’eau et un chapeau : à 800 m, le soleil est intense et l’ombre rare dans les champs ;
- Combinez avec les Gorges de la Nesque au retour, ou avec une montée au Mont Ventoux par le versant de Sault si vous êtes amateurs de grands panoramas ;
- Réservez la fête du 15 août à l’avance si vous visez ce jour-là.
Sault se prête aussi parfaitement à une boucle plus large sur les routes de la lavande, en reliant le plateau d’Albion, les villages d’Aurel et de Montbrun-les-Bains, et la descente vers le Ventoux. Une journée bien pleine, mais inoubliable.
Faire de Sault une escapade depuis Le Clos de Manon
Ce que nous aimons offrir à nos hôtes, c’est un point de départ central et paisible d’où l’on rayonne facilement. À dix minutes à pied de Gordes, Le Clos de Manon vous place à équidistance de la lavande toute proche de Sénanque et des grands plateaux plus lointains de Sault et de Valensole. En une seule semaine, on peut suivre la lavande de plateau en plateau, du plus précoce au plus tardif, et la voir fleurir presque tout l’été.
Après une matinée dans les champs mauves de Sault, rien de tel que de rentrer se rafraîchir dans la piscine chauffée privée de la villa, à l’ombre des cyprès. Pour caler votre séjour sur la meilleure fenêtre lavande, jetez un œil à notre guide des saisons en Provence, puis n’hésitez pas à consulter nos disponibilités au Clos de Manon. Nous serons ravis de vous indiquer, au jour près, où la lavande sera la plus belle pendant votre séjour.