Chaque été, le même miracle se répète sous nos fenêtres : la Provence se met à respirer le violet. Pendant quelques semaines, les plateaux du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence se couvrent de longues lignes parfumées qui ondulent jusqu'à l'horizon. C'est l'un des spectacles les plus attendus par nos voyageurs, et l'une des questions qui revient le plus souvent à l'arrivée à la villa : « Où voir la lavande, et surtout quand ? » Voici notre carnet d'hôtes pour suivre les routes de la lavande au départ de Gordes, sans se tromper de date ni de chemin.
Lavande ou lavandin : ne pas confondre
Avant de prendre la route, une précision d'initié qui change tout. Ce que l'on photographie le plus souvent, ces immenses rangées d'un mauve dense et régulier, c'est le plus souvent du lavandin, un hybride cultivé en plaine, généreux et très visuel. La lavande fine (ou lavande vraie), elle, pousse en altitude, forme des touffes plus irrégulières et donne une huile essentielle bien plus précieuse. Les deux sont magnifiques ; simplement, le lavandin fleurit un peu plus tard et reste beau plus longtemps, ce qui explique que les champs les plus spectaculaires soient encore au rendez-vous début juillet.
Quand fleurit la lavande ? Le calendrier
La floraison dépend avant tout de l'altitude et de la météo de l'année, mais voici les repères que nous donnons à nos voyageurs pour viser juste.
- Mi-juin à début juillet : les premiers champs prennent leur couleur dans les zones les plus basses et les plus précoces, notamment autour du plateau de Valensole.
- Fin juin à mi-juillet : c'est généralement le pic, la pleine couleur sur la plupart des plateaux, lavande comme lavandin confondus.
- Mi-juillet à début août : les plateaux d'altitude comme Sault prolongent le spectacle, quand la plaine commence déjà à être récoltée.
Notre conseil : si vous ne pouvez venir qu'à une seule date, visez la première quinzaine de juillet, qui offre le plus de chances de tomber sur des champs en pleine couleur, toutes altitudes confondues. Et gardez en tête que les récoltes commencent dès la mi-juillet : un champ superbe un matin peut être coupé le lendemain. Pour caler votre séjour sur la bonne fenêtre, nous détaillons les rythmes de la région dans notre guide des saisons en Provence.
L'abbaye de Sénanque, à deux pas de la villa
Inutile d'aller loin pour la carte postale la plus célèbre de Provence. L'abbaye Notre-Dame de Sénanque, abbaye cistercienne du XIIᵉ siècle encore habitée par une communauté de moines, se niche au creux d'un vallon à environ 4 km de Gordes, soit moins de 10 minutes de route depuis le Clos de Manon. Devant sa façade de pierre blonde, les moines cultivent un champ de lavande qui, en juillet, compose l'une des images les plus reproduites au monde.
- Venez très tôt. La petite route qui descend vers l'abbaye se sature vite en milieu de matinée. À 8 h, vous aurez la lumière douce et le site presque pour vous.
- Respectez le lieu. C'est un monastère en activité : on reste discret, on ne pénètre pas dans le champ, et l'abbaye se visite dans le calme.
- Combinez avec Gordes. En remontant, le célèbre point de vue sur le village perché est à quelques minutes ; la lumière du matin y est superbe.
Le plateau de Sault, le royaume de la lavande fine
À environ une heure de route de Gordes, au pied du mont Ventoux, le plateau de Sault est le territoire de la lavande fine d'altitude. Ici, pas de damiers parfaits à perte de vue, mais des champs entrelacés de blé doré et de villages de pierre, dans un paysage plus sauvage et plus frais. C'est aussi le plateau qui fleurit le plus tard : quand la plaine est récoltée, Sault offre encore, jusqu'à la mi-août, ses ondulations mauves.
C'est notre recommandation pour qui veut fuir la foule et comprendre la vraie lavande de Provence, celle des distillateurs. La région organise d'ailleurs chaque été des fêtes autour de la récolte, et l'on y trouve les meilleures adresses pour repartir avec une huile essentielle authentique. Si le sujet vous passionne, nous expliquons comment visiter une distillerie de lavande près de Gordes et assister à la transformation des brins en or bleu.
Le plateau de Valensole, la mer de lavande
Si vous ne deviez retenir qu'une image de démesure, ce serait celle-ci. Le plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à environ 1 h 15 de Gordes, déroule des champs de lavandin qui semblent ne jamais finir, ponctués de cabanons de pierre et de quelques amandiers solitaires. C'est l'archétype de la photo de Provence, ces lignes mauves qui filent droit vers un horizon de collines.
- La route entre Valensole et Manosque et les axes qui rayonnent autour du village concentrent les plus beaux panoramas. Roulez doucement, fenêtres ouvertes : le parfum est saisissant.
- La lumière du matin et de fin d'après-midi donne aux mauves toute leur profondeur ; à midi, les couleurs s'aplatissent et la chaleur écrase tout.
- Comptez-y la journée. Avec la route, ce n'est pas une demi-journée : prévoyez un pique-nique et faites-en une vraie excursion. Nous y consacrons un article entier, le plateau de Valensole : la mer de lavande, avec nos coins préférés.
Bâtir son itinéraire des trois plateaux
Faut-il tout faire ? Non, et c'est même notre conseil. Sénanque se visite en une matinée tranquille depuis la villa. Sault et Valensole, eux, partent dans des directions opposées : on choisit l'un ou l'autre selon l'envie, l'altitude (donc la date) et le temps que l'on veut passer en voiture. Sur un séjour d'une semaine, l'idéal est de combiner Sénanque au lever du jour et une seule grande excursion de plateau, en gardant des journées pour les villages perchés et la piscine.
Photographier et respecter les champs
Les champs de lavande sont, pour la plupart, des cultures privées : derrière chaque rangée, il y a le travail et le revenu d'un agriculteur. Quelques gestes simples font toute la différence, et nous y tenons.
- Ne piétinez pas les rangs. On photographie depuis le bord ou les chemins ; un brin cassé ne repousse pas dans la saison.
- Méfiez-vous des abeilles. En pleine floraison, les champs bourdonnent littéralement. Restez calme, évitez les parfums sucrés, et tout se passe bien.
- Garez-vous sans gêner. Les bords de route sont étroits ; on se range proprement, sans bloquer un accès agricole.
- Privilégiez tôt le matin. Meilleure lumière, fraîcheur, moins de monde, et abeilles encore peu actives : tout y gagne.
La lavande n'est d'ailleurs qu'un des visages d'une saison généreuse : si vous venez avant le grand mauve de juillet, le Luberon au printemps offre coquelicots, cerisiers et premières chaleurs, une autre manière d'aimer la région.
Votre base parfaite pour suivre la lavande
La grande chance, quand on loge au Clos de Manon, c'est de pouvoir attraper la lavande de Sénanque dès le lever du jour, à dix minutes de la villa, puis de rentrer se baigner dans la piscine chauffée avant la chaleur, et de repartir un autre jour vers Sault ou Valensole l'esprit léger. C'est ce rythme, celui d'une vraie base au cœur du Luberon, qui transforme une simple visite en souvenir. Si vous rêvez de juillet en Provence, au plus près des champs violets, vérifiez nos disponibilités et réservez votre séjour avant que les meilleures semaines de floraison ne soient prises.