Il y a deux Luberon. Celui que l’on connaît par cœur — Gordes, Roussillon, Ménerbes — accroché au versant nord, et un autre, plus discret, qui se cache de l’autre côté de la montagne. C’est le Sud Luberon, le versant sud, celui que l’on atteint en franchissant la combe de Lourmarin. Là, les villages se font moins courus, les terrasses moins prises d’assaut, et la lumière, peut-être, encore plus douce. Depuis Le Clos de Manon, c’est l’escapade que nous recommandons à nos voyageurs en quête de Provence vraie : un jour, on passe la montagne, et on découvre Cucuron et Ansouis.
Cucuron, c’est un grand bassin d’eau bordé de platanes centenaires, un décor de cinéma — au sens propre — où le temps semble s’être arrêté autour d’un café et d’une partie de pétanque. Ansouis, à huit kilomètres à peine, déploie ses ruelles en spirale jusqu’à un château toujours habité, classé parmi les plus beaux villages de France. Deux villages, une même journée, et l’impression d’avoir trouvé le Luberon que les guides oublient souvent de mentionner. Voici comment nous vous conseillons de les découvrir.
Le Sud Luberon, l’autre versant
La montagne du Luberon coupe la région en deux. Au nord, le pays d’Apt et les villages perchés que tout le monde photographie ; au sud, le pays d’Aigues, plus vallonné, planté de vignes et d’oliviers, traversé par la rivière Durance au loin. Entre les deux, une seule route relie vraiment les deux versants : la combe de Lourmarin, gorge étroite et spectaculaire que la D943 emprunte au milieu de falaises et de pins. La franchir, c’est déjà entrer dans un autre monde.
Le Sud Luberon a longtemps été plus rural, plus agricole, et c’est précisément ce qui fait son charme aujourd’hui. On y trouve moins de boutiques de savon et davantage de domaines viticoles, moins de cars de touristes et plus de marchés où les habitants font vraiment leurs courses. Le Parc naturel régional du Luberon, qui protège l’ensemble du massif, veille à cet équilibre entre tourisme et vie locale — vous trouverez d’ailleurs une mine d’informations sur les itinéraires et la biodiversité sur le site officiel du Parc naturel régional du Luberon.
Pour situer le Sud Luberon dans l’ensemble de la région, et comprendre comment il complète les villages du nord, nous vous invitons à parcourir notre guide complet des plus beaux villages perchés du Luberon (2026). C’est le meilleur point de départ pour bâtir un itinéraire qui ne se limite pas aux incontournables.
Cucuron et son bassin de l’Étang
On arrive à Cucuron sans vraiment savoir à quoi s’attendre, et l’on tombe d’emblée sur l’une des plus belles places d’eau de Provence. Le bassin de l’Étang — un grand réservoir rectangulaire creusé au Moyen Âge pour alimenter le village et ses moulins — est entouré d’une double rangée de platanes centenaires dont les troncs énormes se reflètent dans l’eau sombre. Au pied des arbres, des cafés, des terrasses, des joueurs de pétanque : c’est le cœur battant de Cucuron, et l’une des images les plus marquantes que l’on rapporte du Sud Luberon.
Au-delà du bassin, le village mérite que l’on grimpe dans ses ruelles. Cucuron est dominé par le donjon Saint-Michel, vestige de son château médiéval, et par l’église Notre-Dame-de-Beaulieu, dont la silhouette romane se devine de loin. En montant vers le haut du village, on découvre :
- de belles demeures Renaissance aux portails sculptés, témoins de la prospérité passée du bourg ;
- le musée Marc-Deydier, petit musée d’histoire locale installé dans un hôtel particulier ;
- des points de vue sur la plaine du pays d’Aigues et, au loin, la chaîne du Luberon.
Cucuron se savoure lentement. C’est un village où l’on s’assoit, où l’on commande un café à l’ombre des platanes, où l’on regarde la vie passer. Le mardi matin, un marché provençal anime la place et les abords du bassin — un des plus authentiques de la région, loin de l’affluence des marchés du nord.
Le cinéma chez Cucuron (Ridley Scott, Une grande année)
Si le bassin de Cucuron vous semble étrangement familier, c’est peut-être que vous l’avez déjà vu sur grand écran. En 2006, Ridley Scott y a tourné plusieurs scènes d’Une grande année (A Good Year), comédie romantique avec Russell Crowe et Marion Cotillard, adaptée d’un roman de Peter Mayle — le même écrivain qui avait fait connaître le Luberon avec Une année en Provence. Le film raconte l’histoire d’un financier londonien qui hérite d’un domaine viticole provençal et redécouvre, malgré lui, la douceur de vivre.
Le bassin de l’Étang, avec ses platanes et ses terrasses, sert de décor à plusieurs séquences mémorables. Mais Cucuron n’en était pas à son premier rôle : en 1995 déjà, le village avait figuré dans Le Hussard sur le toit, l’adaptation du roman de Jean Giono par Jean-Paul Rappeneau, avec Olivier Martinez et Juliette Binoche. Deux tournages prestigieux qui ont durablement inscrit Cucuron dans l’imaginaire du cinéma provençal.
Pour nos voyageurs cinéphiles, c’est un plaisir supplémentaire que de retrouver, sur place, les angles exacts d’un plan. Le café au bord de l’eau, la perspective sous les platanes, la lumière dorée de fin d’après-midi : tout y est, et l’expérience est d’autant plus savoureuse que le village est resté fidèle à lui-même, sans mise en scène touristique.
Ansouis, un des plus beaux villages de France
À huit kilomètres de Cucuron, soit un quart d’heure de route à travers les vignes, Ansouis surgit comme une vision. Le village s’enroule en spirale autour de sa colline, coiffé de son château, et figure à juste titre parmi les plus beaux villages de France, ce label exigeant qui distingue le patrimoine rural d’exception. Si l’histoire du village vous intéresse, la fiche encyclopédique d’Ansouis sur Wikipédia retrace en détail ses origines médiévales et sa célèbre famille de Sabran.
On laisse la voiture en bas et l’on monte à pied, c’est la seule façon. Les ruelles d’Ansouis sont parmi les plus photogéniques du Luberon : calades de galets, passages voûtés, portes anciennes, glycines débordant des murs. Le silence y est presque total. En grimpant, on croise :
- l’église Saint-Martin, ancienne salle des gardes du château transformée en sanctuaire, accrochée au rocher ;
- des placettes ombragées où l’on a envie de s’attarder ;
- le surprenant musée Extraordinaire de Georges Mazoyer, dédié au monde sous-marin et à l’art, installé dans des caves voûtées.
Ansouis a quelque chose de plus intime, de plus confidentiel que les grands villages du nord. On y vient pour la beauté pure de la pierre, pour le calme, pour cette impression rare d’avoir un village presque pour soi. C’est l’un des secrets les mieux gardés du Sud Luberon, et l’un de nos coups de cœur à recommander.
Le château d’Ansouis
Couronnant le village, le château d’Ansouis est l’un des rares châteaux du Luberon à être resté habité de manière continue, du Moyen Âge à nos jours. Berceau de la puissante famille de Sabran — dont est issue sainte Delphine de Sabran, figure du XIVᵉ siècle — il mêle les époques : base féodale du XIIIᵉ siècle, façade et aménagements classiques des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Classé Monument historique, il se visite généralement sur réservation, par visite guidée, d’avril à octobre.
La visite dévoile des salons meublés, d’anciennes cuisines, une salle d’armes, et surtout de magnifiques jardins en terrasses suspendus au-dessus du village et de la plaine. Le contraste entre l’austérité de la forteresse côté nord et l’élégance du château résidentiel côté sud résume à lui seul l’histoire d’Ansouis : une place forte devenue demeure de plaisance.
Nous conseillons toujours à nos hôtes de vérifier les jours et horaires d’ouverture avant de monter, car ils varient selon la saison et les événements privés. La récompense, depuis les terrasses du château, est l’une des plus belles vues du Sud Luberon, embrassant les toits du village, les vignes du pays d’Aigues et la silhouette lointaine de la Sainte-Victoire par temps clair.
Marchés, vignes et bonnes tables
Le Sud Luberon est une terre de bonne chère, et Cucuron comme Ansouis ne font pas exception. Cucuron a même eu l’honneur d’abriter une table gastronomique réputée au bord de son bassin, signe que la région attire les chefs. Pour aller plus loin sur la scène gastronomique du massif, nous vous recommandons notre sélection des meilleurs restaurants étoilés du Luberon, qui couvre les deux versants.
Côté vins, vous êtes en plein cœur de l’appellation Luberon. Les domaines du pays d’Aigues, autour d’Ansouis, de La Tour-d’Aigues et de Cadenet, produisent des rouges souples, des blancs frais et de remarquables rosés. Beaucoup proposent une dégustation et une vente directe au caveau : une halte idéale en fin d’après-midi pour repartir avec quelques bouteilles. Voici les marchés à connaître dans le secteur :
| Village | Jour de marché | Spécialité |
|---|---|---|
| Cucuron | Mardi matin | Marché provençal, produits fermiers |
| Ansouis | Dimanche matin (été) | Petit marché de producteurs |
| Lourmarin | Vendredi matin | Grand marché provençal réputé |
| La Tour-d’Aigues | Mardi matin | Marché du pays d’Aigues |
En vous installant à une terrasse de Cucuron pour le déjeuner — entre deux platanes du bassin — vous goûterez à cette douceur de vivre que le cinéma a si bien captée. Tapenade, légumes du soleil, agneau de Sisteron, fromages de chèvre du Ventoux : la cuisine du Sud Luberon est simple, généreuse et profondément ancrée dans son terroir.
Itinéraire d’une journée dans le Sud Luberon
Pour profiter pleinement de Cucuron et Ansouis, voici l’itinéraire que nous proposons à nos voyageurs. Il tient confortablement dans une journée et laisse la place à la flânerie, sans course contre la montre :
- 9h30 — Cucuron. Arrivée par la combe de Lourmarin. Café au bord du bassin de l’Étang, puis montée dans les ruelles jusqu’au donjon et à l’église.
- 12h30 — Déjeuner. Sur une terrasse à l’ombre des platanes, face au bassin. C’est le moment fort de la journée.
- 14h30 — Ansouis. Un quart d’heure de route. Montée à pied dans le village, ruelles et placettes.
- 15h30 — Château d’Ansouis. Visite guidée (sur réservation) et jardins en terrasses.
- 17h00 — Dégustation. Halte dans un domaine viticole du pays d’Aigues avant de repasser la montagne.
Ce circuit peut se prolonger en ajoutant Lourmarin, le plus connu des villages du sud, sur le chemin du retour. Voici un récapitulatif des distances et durées depuis Gordes, pour vous aider à planifier :
| Trajet depuis Gordes | Distance | Durée en voiture |
|---|---|---|
| Gordes → Cucuron | ≈ 40 km | ≈ 45 min |
| Gordes → Ansouis | ≈ 42 km | ≈ 45 min |
| Cucuron → Ansouis | ≈ 8 km | ≈ 15 min |
| Cucuron → Lourmarin | ≈ 7 km | ≈ 12 min |
Pour comparer ce versant sud avec la capitale historique du massif, côté nord, jetez aussi un œil à notre article sur Apt, capitale du Luberon : entre les deux, vous aurez une vision complète et nuancée de la région.
Y aller depuis Gordes
Depuis Gordes et Le Clos de Manon, rejoindre le Sud Luberon demande un peu plus de route que les villages voisins du nord — environ quarante à quarante-cinq minutes — mais le trajet fait partie du plaisir. On descend vers Apt, puis on s’engage dans la spectaculaire combe de Lourmarin, seule route qui traverse la montagne du Luberon. Cette gorge sinueuse, taillée dans la roche entre falaises et forêts de pins, marque le passage symbolique d’un versant à l’autre.
Quelques conseils pratiques pour cette excursion :
- Partez le matin pour profiter de Cucuron sous une belle lumière et éviter les heures chaudes en été ;
- Garez-vous en périphérie des villages, qui se découvrent uniquement à pied dans des ruelles étroites et pentues ;
- Prévoyez de bonnes chaussures, les calades de galets pouvant être glissantes ;
- Réservez la visite du château d’Ansouis à l’avance et vérifiez les jours d’ouverture.
Le meilleur moment pour cette escapade s’étend d’avril à octobre, quand les terrasses sont ouvertes et le château accessible. Le printemps offre les vignes naissantes et les glycines en fleur ; l’automne, les vendanges et une lumière dorée incomparable. L’été, on privilégie le matin et la fin d’après-midi, le bord du bassin de Cucuron restant frais sous les platanes même aux heures chaudes.
Faire du Sud Luberon une escapade depuis Le Clos de Manon
Ce qui rend le Sud Luberon si précieux, c’est justement qu’il demande un petit détour. On ne le croise pas par hasard : on choisit d’y aller, et l’on en revient avec le sentiment d’avoir vu un Luberon plus secret, plus vrai. Depuis notre villa, à dix minutes à pied de Gordes, vous êtes idéalement placés pour rayonner sur les deux versants : les villages perchés du nord le matin, le pays d’Aigues et ses vignes l’après-midi.
C’est tout l’intérêt d’un séjour au calme, avec piscine chauffée privée, à partir duquel on explore la région sans jamais reprendre la route bien longtemps. Pour profiter pleinement de cette diversité — du bassin de Cucuron au château d’Ansouis, en passant par Gordes et Roussillon — nous recommandons un séjour de cinq à sept nuits. Si l’envie de Provence vous gagne, vous pouvez dès maintenant consulter nos disponibilités au Clos de Manon et préparer votre échappée vers le Sud Luberon.