Il y a des villes que l’on croit connaître avant même d’y poser le pied, tant leur silhouette est célèbre. Avignon en fait partie. Sa muraille intacte, son palais monumental qui domine le Rhône et son pont à demi rompu composent l’une des images les plus reconnaissables de Provence. Pourtant, c’est en arpentant ses ruelles, en levant les yeux sur les façades des cardinaux et en s’attablant sur la place de l’Horloge que l’on comprend vraiment ce que fut, au XIVᵉ siècle, la capitale de la chrétienté. À environ 45 minutes de route depuis Gordes, Avignon est l’une des plus belles journées que nous recommandons à nos voyageurs. Voici comment en faire le tour sans courir.
Le Palais des Papes, cœur de la cité
Tout commence par lui. Le Palais des Papes est le plus grand palais gothique du monde, une forteresse autant qu’une résidence, élevée en moins de vingt ans lorsque la papauté quitta Rome pour s’installer en Avignon entre 1309 et 1377. Neuf papes s’y sont succédé, et la démesure des lieux raconte mieux que tout discours la puissance de l’Église à cette époque.
On franchit la porte des Champeaux pour découvrir une succession de cours, de chapelles et de salles d’apparat aux dimensions vertigineuses. Le Grand Tinel, la chambre du Cerf et ses fresques de chasse, la chapelle Clémentine : chaque salle déroule un pan d’histoire. Comptez au minimum une heure et demie pour la visite, davantage si vous prenez le temps de monter sur les terrasses, d’où le panorama embrasse le Rhône, le pont et le mont Ventoux au loin.
- Arrivez tôt. Le palais ouvre en matinée ; les premières heures sont les plus calmes, surtout en haute saison.
- Prenez le dispositif de visite numérique souvent proposé sur place : il restitue les salles dans leur splendeur d’origine, meubles et tentures compris.
- Gardez du temps pour le rocher des Doms, le jardin perché juste derrière le palais, qui offre la plus belle vue sur le fleuve sans débourser un centime.
Le pont Saint-Bénézet, le célèbre « pont d’Avignon »
« Sur le pont d’Avignon, l’on y danse… » La comptine a fait le tour du monde, mais peu savent qu’elle célèbre un ouvrage bien réel : le pont Saint-Bénézet. Construit au XIIᵉ siècle, long de près de neuf cents mètres et fort de vingt-deux arches à l’origine, il enjambait le Rhône jusqu’à Villeneuve-lès-Avignon. Les crues répétées du fleuve eurent raison de lui : on cessa de le reconstruire au XVIIᵉ siècle, et il n’en reste aujourd’hui que quatre arches qui s’avancent fièrement au-dessus de l’eau.
On peut le parcourir jusqu’à son extrémité interrompue et visiter, en chemin, la petite chapelle Saint-Nicolas bâtie sur l’une des piles. C’est court, mais l’endroit est saisissant, surtout en fin de journée quand la lumière dore les pierres. Avec le palais, le pont et l’ensemble du centre historique, Avignon est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Flâner dans la ville close
Avignon ne se résume pas à ses deux monuments. La ville entière est enserrée dans des remparts du XIVᵉ siècle, près de quatre kilomètres de murailles crénelées ponctuées de tours et de portes, l’une des enceintes médiévales les mieux conservées de France. Les franchir, c’est entrer dans un dédale de ruelles, de places ombragées et d’hôtels particuliers.
Le cœur battant reste la place de l’Horloge, bordée de terrasses, de l’hôtel de ville et de son beffroi, et du ravissant opéra. C’est l’endroit idéal pour une pause à mi-journée. Tout autour, la rue des Teinturiers et son canal bordé de roues à aubes, la place Pie et ses Halles couvertes — un paradis pour les gourmands —, ou encore le quartier des antiquaires invitent à musarder sans itinéraire précis.
Une parenthèse gourmande
Les Halles d’Avignon sont une halte que nous adorons recommander : sous leur façade végétalisée, les étals débordent de produits du terroir, fromages de chèvre du Ventoux, tapenade, fruits confits et vins des Côtes du Rhône voisines. On peut y déjeuner sur le pouce ou composer un panier pour le retour. À deux pas, les terrasses servent une cuisine provençale généreuse, où la daube et les légumes du soleil tiennent le haut de l’affiche.
Avignon en juillet : la ville en festival
Si vous séjournez en Provence au cœur de l’été, sachez qu’Avignon se métamorphose chaque mois de juillet. Le Festival d’Avignon, créé en 1947 par Jean Vilar, est l’un des plus grands rendez-vous de théâtre au monde. La cour d’honneur du Palais des Papes se transforme en scène à ciel ouvert, tandis que le « Off », foisonnant, investit chaque salle, chaque cloître et chaque rue de la ville.
L’ambiance est unique : comédiens en costume distribuant des tracts, affiches placardées partout, spectacles du matin au soir. C’est une expérience euphorisante, mais la ville est alors bondée et chaude. Si vous visez la découverte tranquille des monuments, préférez le printemps ou l’arrière-saison ; si c’est l’effervescence théâtrale que vous cherchez, juillet est incomparable.
Avignon dans un séjour en Luberon
Avignon est la grande porte d’entrée du Vaucluse, et sa proximité avec Gordes en fait une journée facile à intégrer. Nous aimons conseiller d’associer la cité des papes à d’autres pépites des environs, chacune à portée de route, pour composer son propre circuit. Si vous prévoyez plusieurs jours, retrouvez tous nos parcours détaillés dans nos itinéraires au départ de Gordes.
Pour les courts séjours, Avignon se marie idéalement avec une journée village et marchés : voyez Gordes et ses environs en une journée pour rayonner au plus près de la villa, ou bâtissez un week-end de 2 jours dans le Luberon qui alterne grands sites et villages perchés. Et si vous avez la chance de rester davantage, une semaine dans le Luberon : le programme idéal vous donnera le tempo parfait pour tout voir sans jamais vous presser.
Conseils pratiques pour visiter Avignon
- Le stationnement. L’intérieur des remparts est exigu et réglementé. Le plus simple est de se garer dans l’un des grands parkings relais en périphérie, comme celui de l’île Piot ou des Italiens, d’où des navettes gratuites rejoignent le centre en quelques minutes.
- Tout se fait à pied. Une fois dans la ville close, oubliez la voiture : les monuments, les places et les Halles sont tous à quelques minutes de marche les uns des autres.
- Évitez juillet pour une visite paisible. Pendant le festival, l’hébergement et le stationnement sont saturés ; hors saison, la ville se savoure bien mieux.
- Comptez une journée pleine pour conjuguer le palais, le pont, les remparts, une flânerie dans les ruelles et un déjeuner aux Halles.
Votre base idéale à 45 minutes d’Avignon
Le bonheur d’un séjour à Gordes, c’est de pouvoir partir le matin explorer la cité des papes, puis de rentrer en fin de journée se rafraîchir dans la piscine chauffée, à l’ombre des cyprès, loin de l’agitation urbaine. Depuis Le Clos de Manon, Avignon n’est qu’à trois quarts d’heure, et ce n’est qu’une excursion parmi tant d’autres au départ de votre porte. Si l’idée d’une semaine à rayonner dans le Luberon, au rythme doux de la Provence, vous séduit, consultez nos disponibilités et réservez votre séjour : le Palais des Papes vous attendra, immuable au-dessus du Rhône.