Il y a des journées qui condensent à elles seules toute la diversité de la Provence. Partir le matin de Gordes, traverser le Luberon et la vallée de la Durance, puis voir surgir au détour de la route les toits serrés d’Arles et ses arènes romaines : voilà l’une des excursions que nous préférons proposer à nos voyageurs. En une heure de trajet seulement, on quitte les villages perchés de pierre dorée pour entrer dans une autre histoire, celle de Rome, de Van Gogh, puis des grands espaces sauvages de la Camargue.

Arles et la Camargue forment un duo improbable et pourtant cohérent : la ville, dense et chargée de vingt siècles d’histoire, ouvre sur un delta immense où chevaux blancs, taureaux noirs et flamants roses se partagent les étangs. C’est une journée de contrastes, que l’on peut vivre depuis Le Clos de Manon sans jamais avoir l’impression de courir. Voici comment nous conseillons à nos hôtes de l’organiser, étape par étape, avec nos repères de temps, de saison et de budget.

Arles, deux mille ans d’histoire

Arles n’est pas une ville que l’on traverse : c’est une ville où l’on s’enfonce. Fondée par les Grecs puis devenue colonie romaine sous Jules César, elle fut au Ier siècle l’une des cités les plus prospères de la Gaule, port fluvial sur le Rhône et carrefour des routes vers l’Espagne et l’Italie. Cette richesse antique a laissé un héritage exceptionnel, au point que la ville et ses monuments romains et romans sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.

Mais Arles ne s’est jamais figée dans son passé. C’est une ville vivante, méridionale, parfois bruyante, traversée par la lumière qui a tant fasciné les peintres. On y croise des façades ocre et chaulées, des places ombragées de platanes, des terrasses de cafés où l’on prend le temps. C’est aussi la capitale d’une certaine idée de la Provence : celle des Rencontres de la photographie chaque été, des costumes d’Arlésiennes lors des fêtes, et d’une gastronomie nourrie par le riz et les produits du delta.

Pour bien comprendre la ville, nous conseillons de commencer par le cœur historique, à pied. Le stationnement en centre se révèle compliqué : mieux vaut viser l’un des parkings en périphérie, le long des boulevards, et rejoindre les monuments en quelques minutes de marche. Vous trouverez l’ensemble des informations pratiques, plans et horaires sur le site de l’office de tourisme d’Arles, que nous recommandons de consulter avant de partir.

Les monuments romains classés UNESCO : arènes et théâtre antique

Le symbole d’Arles, c’est son amphithéâtre, que les Arlésiens appellent simplement « les arènes ». Construit vers 90 après J.-C., il pouvait accueillir plus de 20 000 spectateurs venus assister aux combats de gladiateurs. Long de 136 mètres, il est l’un des amphithéâtres romains les mieux conservés au monde. Au Moyen Âge, il fut transformé en véritable village fortifié, avec des maisons et deux chapelles à l’intérieur ; on en a dégagé les vestiges au XIXe siècle pour rendre au monument sa silhouette antique.

Aujourd’hui, on grimpe encore dans les gradins et l’on monte dans les tours médiévales pour une vue magnifique sur les toits de la ville et le Rhône. Les arènes ne sont pas un simple musée : elles accueillent toujours des courses camarguaises et, lors des grandes ferias, des corridas. Juste à côté, le théâtre antique, plus ancien encore (fin du Ier siècle av. J.-C.), conserve deux colonnes solitaires surnommées « les deux veuves », vestiges émouvants d’un mur de scène jadis somptueux.

Pour ceux qui veulent approfondir, plusieurs autres sites complètent le tableau romain :

Un billet groupé (le « pass monuments ») permet de visiter plusieurs sites à tarif réduit, autour de 12 à 19 € selon la formule ; chaque monument séparé coûte environ 4 à 9 €. La richesse de ce patrimoine antique, reconnu mondialement, est détaillée sur la page encyclopédique consacrée à Arles et à ses monuments romains.

Sur les pas de Van Gogh à Arles

En février 1888, un peintre néerlandais de 34 ans descend du train à Arles, fuyant le gris de Paris pour chercher la lumière du Sud. Vincent van Gogh y passera un peu plus d’un an, mais quelle année : il y peint près de 300 œuvres, parmi les plus célèbres de toute l’histoire de l’art. Les Tournesols, La Nuit étoilée sur le Rhône, Le Café de nuit, La Chambre… autant de toiles nées de ces rues et de ces champs baignés de soleil.

Arles a su transformer cette parenthèse intense en un parcours sensible. Aucune toile originale n’est conservée sur place, mais des panneaux installés aux endroits exacts où Van Gogh planta son chevalet permettent de comparer le motif réel et la peinture. On suit ainsi le fil d’une promenade :

L’étape la plus émouvante reste l’Espace Van Gogh, l’ancien hôtel-Dieu où le peintre fut soigné après l’épisode de l’oreille coupée. Son jardin intérieur, fleuri et entouré d’arcades, a été restauré pour ressembler à la toile Le Jardin de la maison de santé. C’est un lieu gratuit, paisible, parfait pour une pause avant de poursuivre. Pour les passionnés, la Fondation Van Gogh, installée dans un bel hôtel particulier, propose des expositions d’art contemporain en dialogue avec l’héritage du maître.

Les marchés et la fondation Luma

Si vous le pouvez, calez votre venue un samedi matin : le marché d’Arles, qui s’étire sur près de deux kilomètres le long du boulevard des Lices, est l’un des plus beaux de Provence. On y trouve l’huile d’olive de la vallée des Baux, les saucissons d’Arles, les fromages de chèvre, le riz de Camargue, les olives cassées et les étals de tissus provençaux. Le mercredi matin, un marché plus modeste anime aussi le boulevard Émile-Combes. C’est l’occasion idéale de constituer un panier de produits du terroir à rapporter à la villa.

À l’autre bout du spectre, Arles s’est offert un geste d’architecture contemporaine spectaculaire : la tour Luma, dessinée par Frank Gehry, dresse ses 56 mètres de panneaux d’acier inoxydable scintillant au-dessus du Parc des Ateliers, dans une ancienne friche ferroviaire. Inaugurée en 2021, cette fondation dédiée à l’art, à la photographie et à l’écologie propose expositions, librairie et café. Le contraste entre l’antique et l’ultra-moderne résume bien la singularité d’Arles, ville qui regarde son passé sans renoncer à se réinventer.

La Camargue : flamants roses, étangs et rizières

Une fois Arles explorée, il suffit de prendre la route vers le sud pour basculer dans un autre monde. La Camargue commence aux portes de la ville : c’est le plus vaste delta d’Europe occidentale, façonné par le Rhône à son embouchure, un immense damier d’étangs saumâtres, de marais, de rizières et de salins. Protégée au sein d’un parc naturel régional et classée réserve de biosphère par l’UNESCO, elle abrite une faune et une flore d’une richesse exceptionnelle.

La star incontestée, c’est le flamant rose. La Camargue est l’un des rares sites de reproduction de l’espèce en Europe, avec plusieurs milliers de couples nicheurs sur l’étang du Fangassier. Pour les observer à coup sûr, le Parc ornithologique du Pont de Gau, à quelques kilomètres des Saintes-Maries, offre des sentiers aménagés et des observatoires ; comptez environ 8 à 9 € l’entrée et une bonne heure et demie de balade. Hérons, aigrettes, avocettes et échasses complètent le tableau. Vous trouverez les itinéraires de découverte, les niveaux d’eau et les recommandations de visite sur le site officiel du Parc naturel régional de Camargue.

Au-delà des oiseaux, la Camargue se découvre par ses paysages : la route qui file vers la mer traverse les rizières (la Camargue fournit l’essentiel du riz français), longe les digues et débouche parfois sur les pyramides blanches des salins, où l’on récolte la fleur de sel. Au coucher du soleil, la lumière y devient presque irréelle.

Manades, chevaux et taureaux

Impossible d’évoquer la Camargue sans parler de ses deux animaux emblématiques, élevés en semi-liberté dans les exploitations qu’on appelle ici des manades. Le cheval camarguais, petit, rustique et né brun avant de blanchir en grandissant, est l’une des plus anciennes races du monde. Le taureau de Camargue, noir et vif, est élevé pour la course camarguaise, ce jeu sans mise à mort où les raseteurs, vêtus de blanc, tentent d’arracher des attributs fixés entre ses cornes.

De nombreuses manades ouvrent leurs portes aux visiteurs et proposent des expériences que nos voyageurs apprécient beaucoup :

C’est sans doute la manière la plus authentique de comprendre la culture camarguaise, transmise de génération en génération. Réservez à l’avance en haute saison, car les manades les plus réputées affichent vite complet.

Les Saintes-Maries-de-la-Mer

Au bout de la route, là où le delta rencontre la Méditerranée, se blottit le village des Saintes-Maries-de-la-Mer. Ses maisons basses et blanches, son église fortifiée massive qui domine les toits, ses plages de sable qui s’étirent à perte de vue : c’est le point d’orgue naturel d’une journée en Camargue. L’église romane abrite la statue de Sara la Noire, vénérée par la communauté gitane lors du célèbre pèlerinage des 24 et 25 mai, l’un des plus saisissants de Provence.

On y vient pour grimper sur le toit-terrasse de l’église (vue à 360° sur le delta et la mer), flâner dans les ruelles, déguster une glace face au port ou simplement poser une serviette sur la plage. Pour une fin de journée parfaite, nous conseillons d’y arriver en milieu d’après-midi, puis de remonter vers Arles au moment où la lumière dore les étangs.

Conseils pratiques : saison, moustiques, accès depuis Gordes

Une journée Arles-Camargue demande un minimum d’organisation. Voici nos repères concrets, testés au fil des saisons, pour que nos hôtes en profitent pleinement.

Accès depuis Gordes. La villa se trouve à dix minutes à pied de Gordes ; comptez ensuite environ 1 heure de voiture jusqu’à Arles (75 km), par la D2, la D900 puis l’autoroute A7/A54, ou par les routes de la vallée de la Durance. Les Saintes-Maries-de-la-Mer ajoutent 40 minutes de plus (38 km au sud d’Arles). Une voiture est indispensable : la Camargue ne se visite pas en transports en commun.

ÉtapeDistance depuis GordesTemps de route
Arles (centre)≈ 75 km≈ 1 h 00
Parc ornithologique du Pont de Gau≈ 105 km≈ 1 h 30
Saintes-Maries-de-la-Mer≈ 113 km≈ 1 h 40

Quelle saison choisir ? Le printemps (avril-juin) est notre période préférée : lumière douce, flamants nombreux, températures clémentes et foule encore raisonnable. L’automne (septembre-octobre) est superbe également. L’été est chaud, fréquenté et plus venteux ; l’hiver, plus calme, offre des ciels lavés par le mistral mais des journées courtes.

SaisonTempératures (max.)Notre avis
Printemps18–25 °CIdéal : flamants, lumière, peu de foule
Été28–35 °CChaud et fréquenté, moustiques actifs
Automne18–26 °CTrès agréable, belles couleurs
Hiver10–15 °CCalme, mistral, journées courtes

Les moustiques. La Camargue est une zone humide : les moustiques y sont actifs de mai à septembre, surtout à l’aube et au crépuscule. Glissez un répulsif dans votre sac, prévoyez des vêtements clairs et couvrants pour la fin de journée, et vous n’y penserez plus. Pensez aussi à emporter chapeau, eau, lunettes de soleil et jumelles pour l’observation des oiseaux.

Enfin, cette excursion s’inscrit dans une logique plus large de découverte de la région. Si vous aimez les escapades à la journée, parcourez notre guide Excursions depuis Gordes : 12 escapades en Provence, qui replace Arles et la Camargue parmi les plus belles sorties du Luberon. Dans la même veine antique, le Pont du Gard depuis le Luberon prolonge magnifiquement l’héritage romain, tandis que Saint-Rémy-de-Provence et Les Baux permettent, eux aussi, de suivre les pas de Van Gogh à moins d’une heure de la villa.

Vivre Arles et la Camargue depuis Le Clos de Manon

Ce qui rend cette journée si plaisante, c’est de pouvoir la vivre sans renoncer au confort d’un vrai point de chute. Partir le matin de notre villa, rouler une heure entre vignes et oliviers, plonger dans la Rome antique puis dans les grands espaces sauvages, et revenir le soir se baigner dans la piscine chauffée privée avant un dîner sur la terrasse : voilà l’équilibre que nous aimons offrir à nos voyageurs. Le calme du Luberon comme camp de base, la diversité de la Provence à portée de route.

Pour enchaîner Arles, la Camargue et les villages perchés sans jamais reprendre la route trop longtemps, nous recommandons un séjour de cinq à sept nuits. Si cette échappée entre Rome et grands espaces vous tente, vous pouvez dès maintenant consulter nos disponibilités au Clos de Manon et composer votre itinéraire provençal sur mesure.